Tout cela donnait beaucoup de travail. Mais, parmi les villageois régnait une certaine aisance. Malgré tout, les enfants nés avant 1918, tout en aidant leurs parents, cherchaient du travail soit en ville soit à l'usine et progressivement l'abandon des champs s'amorça.
En 1939 la guerre vint à nouveau bouleverser la vie des familles avec l'occupation allemande. Les Allemands leur demandèrent quel pays ils voulaient choisir: 99% choisirent de rester Français.
Le 20 Novembre 1940 fut un jour d'exode puisque 80% des lorrains ont été expulsés vers la France Libre. Accompagnés de 30 kilos de bagages, ils abandonnèrent tous leurs biens à l'occupant. Les quelques familles restées, étaient surtout des personnes travaillant en usine dont le travail était nécessaire pour faire tourner l'industrie du matériel de guerre allemand.
En 1944, les combats faisant rage, les derniers habitants durent évacuer le village. FEVES souffrit beaucoup des combats, car la commune de MAIZIERES LES METZ proche de quelques kilomètres, était le point fort de la résistance. Il y eut beaucoup de maisons détruites à cause des bombardements, et cinq obus endommagèrent l'église.
A leur retour, les expulsés, les internés retrouvèrent des lieux ravagés: plus de meubles, de victuailles, plus de bêtes, les maisons pillées par les occupants (sidlers: colons agricoles allemands). Il leur fallut trouver refuge chez des personnes étant restées au village.
Certains en avaient bien profité et jouissaient de tout, aussi bien en matériel qu'en bétail... La révolte grondait, car on reconnaissait par ci par là, tel outil, telle échelle, des chevaux où il n'y en avait pas avant, voyez le climat...
"Un beau jour" avec l'accord de la Préfecture et de la Gendarmerie il fut convenu de perquisitionner toutes les maisons du Village. Il y eut des grincements de dents... mais cela se fit dans le calme et la dignité. Un partage fut effectué, des chevaux venus d'allemagne furent attribués à ceux qui n'en avaient pas.
Inutile de dire que le climat était tendu dans les familles, entre les expulsés, ceux qui étaient restés au pays, et aussi ceux qui furent pro allemand durant ces quatre années...
Mais tout passe, le temps pansant les blessures de la guerre, on retroussa les manches et on se remit au travail : les uns aux champs (fraises principalement), les autres à l'usine.
Il fallut réparer les maisons, quelques uns eurent des bâtiments neufs (pour une bicoque avant la guerre), d'autres attendirent neuf ans pour toucher des sommes dérisoires en "dommage de guerre"...
Que d'injustices il y eut encore à ce sujet... et combien de relations bien placées jouèrent pour certains.
Enfin, tournons la page et n'y pensons plus. Citons cependant un chant "Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine" dont voici le refrain :
"Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine
Et malgré vous, nous resterons Français.
Vous avez pu germaniser la plaine,
Mais notre coeur vous ne l'aurez jamais"...
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