Origine du nom “FEVES”

BOIS_FEVES340X290Le village de Fèves est selon toute probabilité d’origine romaine, il porta successivement les noms de : Fabros, Favia, Feivres, Feyvres, Febvre, Fève.
En 1127, à la suite d’une donation par Frustrade, veuve du chevalier Hatton à l’Abbaye de Saint-Pierremont, cette dernière vint s’y établir. La donation fut attaquée par Dodon de Norroy, qui prétendait avoir des droits sur la seigneurie, mais qui fut obligé de reconnaître la validité de l’acte de 1127. De nouvelles dotations (en 1130, 1244 et 1253) agrandirent considérablement le Ban de Saint-Pierremont.
Dès 1870, le Fort Canrobert est installé dans le bois de Fèves (ligne de fortification de Metz).

marechalcanrobert200X222MARECHAL CANROBERT

Né le 27 juin 1809 à Saint-Céré, décédé le 28 janvier 1895 à Paris

 

Une première extension de la commune a eu lieu dans les années 1960 par la construction d’une cité “Concador” au lieu-dit “Le Paqueu”, cinquante maisons y furent construites. Vers 1980, le développement de l’habitat pavillonnaire s’est poursuivi au lieu-dit “Le Prayon”, avec la construction de cent vingt pavillons.
Puis, fin des années 1990, la construction de cinquante trois pavillons locatifs dans les rues de l’Abbaye Saint-Pierremont et du Bois des Moines.

Fèves après guerre

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Le 11 novembre 1918, la guerre est terminée, l’occupant allemand a vidé les lieux, tout le monde se remet au travail.

Phylloxera2_358X270 La principale ressource des villageois est  alors la vigne qui couvrait le tiers de la  surface cultivable. Durant les années 1910  à 1918, le Phylloxéra (puceron qui attaque  les racines) ravagea les cultures, et l’on dut  arracher un bon nombre de plants.

A partir de ce moment, les villageois abandonnèrent leur profession de vigneron, et bon nombre d’entre eux s’en allèrent chercher un emploi dans les usines sidérurgiques implantées à Maizières les Metz, Hagondange, Rombas et dans la vallée de l’Orne, ainsi que dans les mines de fer de Ternel, Sainte Marie aux Chênes, Roncourt, Pierrevillers.

A Fèves, on remplacera les vignes par la plantation de fraisiers. On ne gardera qu’une dizaine d’ares de vignes par foyer. Une variété spéciale appelée “Hybride” fut adoptée. Ce type de vigne n’avait pas besoin de soin en pulvérisation mais donnait un vin plus acide et fort en tanin.

Ainsi le village vivait de polyculture, chaque ménage ayant en moyenne un cheval ou deux, plusieurs vaches, deux ou trois porcs, des poules etc….. et cultivant en moyenne une dizaine d’hectares de blé, d’avoine, de seigle et d’orge, de légumes (pommes de terre, betteraves, etc…). En plus de leur petite vigne, la population entretenait quelques prairies pour la nourriture du gros bétail.

Tout cela donnait beaucoup de travail. Mais, parmi les villageois régnait une certaine aisance. Malgré tout, les enfants nés avant 1918, tout en aidant leurs parents, cherchaient du travail soit en ville soit à l’usine et progressivement l’abandon des champs s’amorça.

En 1939 la guerre vint à nouveau bouleverser la vie des familles avec l’occupation allemande. Les Allemands leur demandèrent quel pays ils voulaient choisir: 99% choisirent de rester Français.

exode220X303Le 20 Novembre 1940 fut un jour d’exode puisque 80% des lorrains ont été expulsés vers la France Libre. Accompagnés de 30 kilos de bagages, ils abandonnèrent tous leurs biens à l’occupant. Les quelques familles restées, étaient surtout des personnes travaillant en usine dont le travail était nécessaire pour faire tourner l’industrie du matériel de guerre allemand.

exode400X249 En 1944, les combats faisant rage,  les derniers habitants durent  évacuer le village. FEVES souffrit  beaucoup des combats, car la  commune de MAIZIERES LES  METZ proche de quelques  kilomètres, était le point fort de la résistance. Il y eut beaucoup de maisons détruites à cause des bombardements, et cinq obus endommagèrent l’église.

A leur retour, les expulsés, les internés retrouvèrent des lieux ravagés: plus de meubles, de victuailles, plus de bêtes, les maisons pillées par les occupants (sidlers: colons agricoles allemands). Il leur fallut trouver refuge chez des personnes étant restées au village.

Certains en avaient bien profité et jouissaient de tout, aussi bien en matériel qu’en bétail… La révolte grondait, car on reconnaissait par ci par là, tel outil, telle échelle, des chevaux où il n’y en avait pas avant, voyez le climat…

“Un beau jour” avec l’accord de la Préfecture et de la Gendarmerie il fut convenu de perquisitionner toutes les maisons du Village. Il y eut des grincements de dents… mais cela se fit dans le calme et la dignité. Un partage fut effectué, des chevaux venus d’Allemagne furent attribués à ceux qui n’en avaient pas.

Inutile de dire que le climat était tendu dans les familles, entre les expulsés, ceux qui étaient restés au pays, et aussi ceux qui furent pro allemand durant ces quatre années…

Mais tout passe, le temps pansant les blessures de la guerre, on retroussa les manches et on se remit au travail : les uns aux champs (fraises principalement), les autres à l’usine.

Il fallut réparer les maisons, quelques uns eurent des bâtiments neufs (pour une bicoque avant la guerre), d’autres attendirent neuf ans pour toucher des sommes dérisoires en “dommage de guerre”…

Que d’injustices il y eut encore à ce sujet… et combien de relations bien placées jouèrent pour certains.

Enfin, tournons la page et n’y pensons plus. Citons cependant un chant “Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine” dont voici le refrain :

“Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine

Et malgré vous, nous resterons Français.

Vous avez pu germaniser la plaine,

Mais notre coeur vous ne l’aurez jamais”…